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Commune de Beaurainville (62)

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A propos du nom de Beaurainville

Notre village de Beaurainville a certainement des origines fort anciennes, à en juger par les nombreuses appellations qui ont jalonné son histoire ... de Belrinium au VIIème siècle à son nom actuel en passant par Belrem, Belram, Belraim, Bellum-Ramum, et d’autres aussi comme Biaurain, Biauraing, Beaurain-la-Vile et même encore Borrainville !

On a parfois pensé que ce premier nom de “ Belrinium “ pouvait venir d’une forme celtique dérivée ou proche de Belkinium ( Bléquin), Helcinium (Heuchin ),ou Wendinium (Vendin). Mais il est deux éléments qui peuvent être retenus avec certitude : BEL et REM, de BELREM, le terme brodé sur la célèbre tapisserie de la Reine Mathilde, toujours visible au musée normand de Bayeux : “et duxit eum ad BELREM “.

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BEL peut venir du latin “ bellus “ ( beau ou bon, selon les auteurs ) ou bien de “ bellum” ( la guerre ). REM peut désigner la rame d’un vaisseau “ remus “ ou encore le Rème, de “Remus” qui se rapportait à l’ancien peuple gaulois des Rèmes ... et qu’on retrouve dans plusieurs noms, comme Reims, Rémi ou Rémy... Et si l’on passe à “ RAMUS “ : le rameau, les branchages, l’embranchement (d’une rivière ). ...

Plusieurs versions ont été proposées :

* belles rames , peut-être en raison des décorations voyantes des drakkars des Normands : on ne peut cependant retenir cette source, car les invasions de ces “guerriers-de-la-mer” se situèrent surtout au IXème siècle : or, le nom de Belrinium était déjà connu depuis plus d’un siècle. Ce n’est sans doute pas une traduction à retenir ...

* beau (x) rameau (x), traduction populaire, courante et simple, mais pas très originale dans une région autrefois largement couverte de forêts. On relève d’ailleurs dans les Archives de l’Artois : “que le nom est passé de Belloramum en Beau-Rameau par fantaisie et parce que le peuple a cette habitude de remplacer par des mots qu’il connaît les dénominations topographiques dont le sens réel s’est perdu ou dont la signification primitive lui échappe”.

Ce “Beau-Rameau” nous semble donc vraiment trop simpliste ...

Continuons donc à chercher ...

* Beleni - Ramus pourrait signifier le bois (sacré) de Belenus, divinité antique. Cela semble tout d’abord improbable car c’était surtout un dieu de la Norique, région d’Europe centrale bien éloignée de nous. Et pourtant, si l’on approfondit quelque peu, on s’aperçoit que Belenus ( ou les multiples variantes de son nom : Belenos, BEL, Beler, Baal...) fut aussi une divinité celte ( un de leurs dieux solaires ). Or, notre région littorale était celle des Morins, peuple proche des Celtes ( on remarquera de plus que “ Mor ” dans le nom de Morinie vient sans doute du celtique “ la mer “, comme dans Ar-mor, la Bretagne des Celtes ( un peuple justement venu en de lointaines origines de... l’Europe centrale ! ). Toutes ces coïncidences font penser que le “ Bois de Belenus ” pouvait peut-être désigner notre Beaurain ...

* Bel - Rem - Villa peut être traduit par “ le domaine-du-bon-Rémi “ : un religieux venu s’installer ici à l’époque de la Gaule romaine, pour évangéliser la contrée ? C’est également tout aussi vraisemblable. D’ailleurs, quantité de noms nous ramènent à ces mêmes racines : les Rèmes, peuplade de la Gaule-Belgique, leur capitale : Reims ... justement la cité de Saint - Rémi, le fondateur dans notre région des évêchés d’Arras et de Thérouanne, et de plus l’apôtre des Francs au Vème siècle . Et l’on pourrait encore citer : Belrain, Belleray, Remies, Saint-Rémy, Remilly, Raismes, Ramecourt, etc. etc.

Seules, les deux traductions ci-dessus semblent donc solides ... mais le nom de “ BELREM” nous laisse encore pour l’instant dans les suppositions ... à chacun ses préférences ... en attendant plus de certitudes !

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Source : Pierre Bourdrey

mais aussi... le nom de la localié apparait au cours des siècles avec des orthographes variées :

- Belrinio super fluvio Quancia en 723 (Cartulaire de Saint-Bertin),
- Belrinio en 877 (même référence),
- Belrem en 1077 (Tapisserie de Bayeux) et en 1155 (Roman de Rou ou Geste des Normands),
- Belraim en 1160, 1167,1201 (Cartulaire de Saint André au Bois) et en 1179 (Terrier de Cercamp),
- Belrain en 1185 (Cartulaire de Saint André au Bois),
- Bellus Ramus en 1250 (même référence),
- Belrains en 1251 (même référence),
- Biaurrain en 1319 (même référence),
- Biaurains en 1362 (même référence),
- Beaurains en 1627 (même référence),
- Beaurainsville en 1644 (même référence).

Le "Fonds d’Artois" des Archives du Pas de Calais mentionne en 1429 "Beaurain le Ville et Beaurain le Chastel".
En 1793, on relève un éphémère "Beaurain sur Canche".

Selon Ricouart, le nom provient du suffixe latin REM, REMMIA signifiant forêt ou mieux REN, RINIUM lisière de forêt ; d’où BELLUM RAMUM ou BELRINIUM la "Belle forêt".
Dans une contrée jadis sylvestre, cette dénomination semble bien vague, car susceptible de s’appliquer à une multitude de lieux. Si le suffixe RINIUM apparait indéniable - Bel RINIO en 723, un radical commençant par BEL ne fut-il pas abrégé par les moines scribes du VIIIème et du IXème siècle ? N’évoquait-il pas BELENUS, dieu guérisseur gaulois assimilé à Apollon par les Romains ?
Un rapprochement s’impose. A l’autre extrémité de l’ancienne aire de diffusion du panthéon gaulois, il existe aux confins du Lauragais et du Comté de Foix des bois de la Belène ou plutôt de Belène. Or, à l’orée méridionale de cette zone forestière, qui a peu variée, des fouilles archéologiques ont révélé un sanctuaire gaulois, à Vals près de Mirepoix. Le site occupe un rebord de plateau à proximité de la vallée de l’Hers, topographique identique à celle de l’ancien château de Beaurain au plus près du noyau initial de l’agglomération.
BELRINIO peut donc aussi bien attester l’existence de quelque ancien lieu voué à "BELENUS, A L’OREE DE LA FORET" que localiser une antique, et exceptionnellement "BELLE FORET".
La première mention connu de la localité date du 29 Août 723. Selon une charte de l’abbaye de Sithiu (Saint Bertin à Saint Omer, un certain Rogobert vend alors à l’abbé Erkembode divers biens à "BELRINIO super fluvio Quancia".
Le 27 juin 877, Charles le Chauve décide de l’affectation de ces biens de Sithiu "in BELRINIO".

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